CHRISTEL ZOGNING MELI
Introduction
Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, les associations Change et Pensons Bercail, ont organisé le 5 mars 2022 avec le soutien de l’échevine de l’égalité des chances de la ville de Bruxelles Lydia Mutyebele, la première édition du Prix Mama Muilu « la résistante » dans le hall gothique de la ville de Bruxelles. L’événement laisse apparaitre un réseau afro-militant où l’afro-culture religieuse (essentiellement kimbanguiste) est sous-jacente en dépit du caractère laïc de l’événement. Le prix a été décerné à neuf femmes d’exception qui à l’image de Marie Muilu Kiawanga Nzitani, constituent un symbole de force, de détermination, de dynamisme dans leur capacité à agir dans la société, à influencer ou transformer les personnes et les structures qui les composent.
En effet, depuis une dizaine d’années, cette figure oubliée et exclue des récits historiques dominés par des héros masculins, fait aussi l’objet de la part de certains entrepreneurs sociopolitiques du milieu populaire et élitaire congolais et belges, d’initiatives de représentations héroïques et de revendications mémorielles en matière d’éducation, de justice sociale, de droits humains, de rapports de genre et de lutte contre les discriminations faites aux femmes.
Cette étude présente et analyse les témoignages, les opérations d’exhumation des matériaux de la tradition kimbanguiste, les jeux de (ré)appropriation et de réinterprétation que donnent à voir les entrepreneurs socio-politiques au centre de ces dynamiques de (re)construction. Il s’agit aussi de mettre en évidence les stratégies de visibilisation visant à ériger Marie Muilu Kiawanga Nzitani comme une « héroïne », « une femme d’exception » ou un modèle africain dont le parcours pourrait inspirer l’imaginaire individuel et collectif afro-féminin, voire susciter l’émancipation des femmes afrodescendantes, afropéennes1 et africaines dans un contexte postcolonial.
Construction afro-militante en cours : Mama Muilu « héroïne africaine » ?
Figure en construction, Marie Muilu Kiawanga Nzitani, communément nommée « Mama Muilu » fait l’objet d’un nouveau processus d’appropriation. Notre observation participante au sein des associations Pensons Bercail et Change nous permet d’en dessiner les contours de manière inédite. Les dynamiques narratives en œuvre vont s’appuyer sur la mémoire collective d’individus dotés tel que le relève Michèle Baussant, de capacités « d’accumuler connaissances et souvenirs » et de « se rappeler » de faits et d’événements qu’ils n’ont pas vécus2, mais qui leur auraient été transmis.
Les « traditions orales », autrement dit les mémoires individuelles et collectives de toutes phases de la colonisation attestent [d’une] « tradition de la résistance » dont les péripéties entremêlées, les formes variées, l’intensité, l’efficacité et les traces méritent sans doute aucun d’être soigneusement reconstituées, réappropriées, et réinvesties dans les processus contemporains de construction et de reconstitution collectives3.
C’est dans cette perspective que par l’intermédiaire d’agents, le travail de récupération et d’appropriation des textes, des discours, des pratiques relatifs à l’itinéraire de Mama Muilu et transmis de génération en génération va servir à alimenter une nouvelle construction afro-militante ancrée dans des logiques de résistance adaptées cette fois aux réalités et aux défis de la « communauté noire » dans le contexte diasporique et postcolonial actuel. Cette construction en cours qui s’inscrit dans une logique transnationale (Belgique, Congo, Suisse et Canada) est menée en majorité par des femmes africaines, afro-descendantes et afropéennes issues d’une constellation de réseaux politiques, juridiques, religieux, socio-culturels et militants. Parmi ces actrices, nombreuses sont affranchies de l’influence de la rhétorique religieuse kimbanguiste et elles œuvrent, non sans contournement ou inversement des traditions, pour la reconnaissance internationale de Mama Muilu comme « héroïne africaine » tout comme les institutions religieuses et politiques en action pendant l’époque coloniale belge avait largement contribué à ériger Simon Kimbangu au rang de « figure centrale de la nation congolaise en devenir »4.
Récupération des matériaux de la tradition kimbanguiste et « fabrique » d’une héroïne contemporaine
Durant la première édition du Prix Mama Muilu « la résistante » Mme Chantal Yelu Mulop – représentante du Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Conseillère de ce dernier en matière du genre, a insisté sur l’importance « de porter le plaidoyer pour que cette digne fille du Congo soit reconnue comme une des héroïnes », qu’elle « soit couronnée à la hauteur de son mérite en RDC » et que « vive son héroïsme ». Trois éléments essentiels sont à noter dans son discours : Mama Muilu est selon elle une héroïne nationale ; cependant, son héroïsme est invisibilisée ; par conséquent, elle devrait faire l’objet d’ « entreprises collectives de représentation héroïque » (Vellut 2017 : 327). Le soutien et la participation des représentants des pouvoirs politiques belges et congolais à cette édition de la remise du Prix Mama Muilu « la résistante » confère une légitimité officielle à cette volonté d’ériger l’héroïsme féminin de Mama Muilu. On peut dès lors questionner les enjeux afro-diasporiques cachés derrière cette fabrication héroïque collective qui interroge le rapport à l’histoire coloniale et dans ce sens pourrait avoir des incidences directes ou indirectes sur la transformation des rapports sociaux de pouvoir entre les pays du Sud et du Nord.
L’héroïne ou le héros incarnent un idéal de force, d’élévation morale, ayant fait preuve d’abnégation, de bravoure et de sens du sacrifice dans les combats menés, auquel les individus essaient de ressembler ou de s’identifier. Cette figure du héros qui renvoie parfois à des contextes peu accessibles car éloignés dans l’espace ou dans le temps, est le « produit d’un discours »5 (re)travaillé par l’imaginaire de la mémoire individuelle et collective.
Être fictif ou réel, le héros est censé avoir accompli un exploit extraordinaire au service d’une communauté. Son engagement physique l’a conduit au dépassement de lui-même, au péril parfois de sa vie. Mais il est indispensable que sa prouesse soit relatée pour être digne de l’estime publique. « Il n’y a pas de héros sans auditoire », écrivait André Malraux dans L’Espoir. Victorieux ou vaincu, le héros est à l’origine d’un culte. Son action, réelle ou inventée, n’est connue que parce qu’elle est portée par un discours (épitaphe, épopée, chant, leçon d’histoire, article de journal, photographie, film…) (Tourret 2011 : 95).
Alors que très peu, sinon aucune source administrative ou chronique historique ne viennent confirmer la réalité des « prouesses » et actions héroïques de Mama Muilu, des actrices modernes vont entreprendre des opérations de récupération des matériaux propres à la construction de la tradition kimbanguiste. Ces initiatives s’appuient non pas sur les interprétations mythiques et légendaires relevant du registre religieux mais sur une relecture de son engagement social et politique, plus porteuse dans les pays sécularisés où subsistent des systèmes de pensée néocolonialistes et impérialistes.
Le Kintuadi qui aurait été initié par Marie Muilu en réaction aux répressions coloniales réapparait dans les discours et constitue pour nos afro-militant.e.s un « modèle d’économie sociale et solidaire » (Rapport Table ronde « Mama Muilu Héroïne africaine », 6-10 juin 2022) à valoriser dans et pour la « communauté noire ». Ce mode d’organisation fondé sur un idéal de partage communautaire à une époque postmoderne où l’individualisme gagne du terrain s’inscrit aussi comme un mouvement de résistance et d’autoprotection collectif face au racisme systémique et aux différentes formes de discrimination subies par les personnes afrodescendantes. Les multiples synergies qui s’opèrent entre les actrices et acteurs afro-descendant.e.s émanant des réseaux politiques, juridiques, religieux, socio-culturels contribuent à mettre en exergue cette philosophie du kintuadi.
S’il y a chez nos actrices-militantes une volonté de magnifier la « vie héroïque » de Mama Muilu, c’est afin que cette dernière serve de modèle emblématique de résistance, de courage et de leadership non seulement à toutes personnes d’ascendance africaine minorisées, silencées, marginalisées ou stigmatisées socialement, mais plus spécifiquement encore à des femmes afro-descendantes situées à l’intersection de discriminations multiples, cumulant ainsi des situations de dominations, d’inégalités à cause de leur origine africaine, leur sexe, leur phénotype noir et leur classe sociale. Le témoignage de Georgine Dibu, lauréate du Prix Mama Muilu est révélateur de ces problématiques liées à la condition noire. Mue tout à la fois par la fierté de ressembler à la figure historique par sa contribution sur la décolonisation des espaces publics en Belgique et le désir de transmettre sa « lutte » aux générations afropéennes suivantes, elle déclare :
J’ai été choqué de voir des monuments, qui rendent hommage à ceux qui ont apporté la civilisation au Congo. […] C’est comme ça que nous nous sommes lancés dans la décolonisation de l’espace public. Ce n’était pas facile parce que ce sont des thèmes qui ne sont pas acceptés ici. On vous dit « Toi tu oses ! ». « Ô nous osons comme Mama Muilu ! ». Je me sens honorée et je me sens porteuse d’une femme qui a mené la lutte à l’époque coloniale. Ce n’était pas facile et ici en Belgique ce n’est pas facile. C’est pour nos enfants. J’aimerais que vous veniez les enfants de Change asbl. Parce que la lutte c’est aussi la transmission. Ce prix il n’est pas seulement pour moi. Il est pour vous. Je vous le laisserai un jour parce que vous devez continuer la lutte (première édition du Prix Mama Muilu « la résistante » : 5 mars 2022).
Cela tombe sous le sens pour les organisateurs que les éditions successives du Prix Mama Muilu « la résistante » se doivent d’être organisées à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. C’est un moyen de pointer face aux acteurs politiques belges, la condition des femmes noires et la revendication de leurs droits bafoués. Comme l’affirme le président de l’association Pensons bercail au début de la table ronde sur Mama Muilu,
Reconnaître les femmes qui défendent les valeurs d’égalité et de liberté est un défi qui incombe à tous de relever, car nul ne peut douter des qualités et valeurs dont font montre des milliards des femmes dans le développement de tous les secteurs prioritaires de la société, notamment l’éducation, l’économie et bien d’autres secteurs.
Si l’on s’accorde avec Mme Georgine Dibu pour dire que la lutte avec ses revendications et les diverses formes de résistance passe par la transmission intergénérationnelle, il convient aussi de souligner l’agentivité transnationale de ces entrepreneurs et lesstratégies de visibilisation qu’ils/elles mettent en place pour activer la « fabrique » de cette héroïne africaine.
De l’invisibilisation à un processus transnational de « lutte » pour la reconnaissance de Mama Muilu : « vecteurs d’héroïsation » et stratégies de visibilisation
Dans cette logique d’héroïsation, les procédés discursifs sous-tendent la lutte pour la reconnaissance d’une figure dite « oubliée ». Les remarques qui suivent visent à en démonter la teneur et la portée transnationale.
Pour renforcer la légitimité de ce processus d’héroïsation, le parcours et les actions de Mama Muilu vont être comparés à ceux d’autres figures féminines historiques à l’instar de Jeanne d’Arc (France), Emmeline Pankhurst (Angleterre), Rosa Parks (États-Unis)6, ou encore Solitude « qui a combattu contre la réinstauration de l’esclavage […] en Guadeloupe et dont une statue est maintenant érigée à Paris, elle fut la première femme de couleur à obtenir en 2020 ce privilège et la reconnaissance de son combat et de ces actes »7. Des « vecteurs d’héroïsation » (Tourret 2011 : 101) tels que des illustrations, les plaques commémoratives dans les rues, des tissus pagnes, des conférences et événements, des récits biographiques, des podcasts en ligne, des articles numériques, des productions cinématographiques, littéraires et artistiques constituent autant de supports performatifs de visibilisation et de modalités communicationnelles par lesquels ces entrepreneurs, porteurs de revendications mémorielles, sociales et politiques, organisent les mobilisations.
L’agentivité des actrices et acteurs travaillant en collaboration avec l’association Pensons Bercail ne commence pas avec la première édition du Prix Mama Muilu « la résistante » : ce prix n’est en réalité que le prolongement de plusieurs initiatives antérieures tant en Belgique qu’au Congo.

Comme le souligne Tourret, « les héros éponymes des rues, des places, des stations de métro, des établissements scolaires, témoignent des choix et des combats politiques et moraux qui s’imposent dans le champ de l’histoire des représentations » (Tourret 2011 : 95). Le 15 juin 2020 en Belgique, un geste symbolique était officiellement posé dans la commune d’Etterbeek en faveur de femmes oubliées de l’histoire. Onze rues portant le nom d’acteurs de la colonisation, étaient rebaptisées avec le nom de femmes dont l’engagement ou le talent, méritait d’entrer dans la mémoire collective.
Ainsi le « square Léopoldville » (du nom de la capitale congolaise à l’époque de la colonisation, hommage au roi des Belges) était comme rebaptisé avec l’adjonction d’une plaque commémorative « Marie Muilu Kiawanga (1880-1959), « Maman Marie », résistante congolaise »8. Mais cette initiative officielle hautement symbolique n’avait initialement qu’une durée limitée neuf mois) avec la forte probabilité que ces femmes retombent ensuite dans l’oubli. Consciente de ce risque, Françoise de Halleux, échevine de l’Egalité des Chances et de la Diversité à Etterbeek soulignant l’importance de cette démarche dont le but était de croiser l’enjeu féministe et décolonial, envisageait la possibilité de pérenniser ces nouveaux noms de rue si une volonté citoyenne se dégageait en ce sens (Fievet, 2020). Au moment où cette chronique est publiée les « plaques de rue » sont toujours en place.

Parmi les productions artistiques, on soulignera l’initiative de Monsieur Pitchou Matouasilua (le président de l’association Pensons Bercail), producteur d’un film « Mama Muilu La Résistance » dans lequel il met en scène une femme congolaise faisant face à l’oppression coloniale belge afin de sauvegarder le mouvement révolutionnaire lancé par son mari Simon Kimbangu. Le film est né d’une pièce de théâtre intitulée « Moi Muilu je suis Kimbangu » coécrit avec Blanchard Mbelolo (vice-président de Pensons Bercail), et mis en scène par Dada Stella Kitoga. Après une avant-première à Saint-Josse-ten-oode en 2015, il a été présenté au festival international du théâtre africain de Belgique. Il a aussi été projeté au Cameroun (Dchang) au Festival Komane où il a remporté le « Prix Festival » avant d’être projeté à Kinshasa pour la première fois le 8 janvier 2021 à la demande de la Conseillère Spéciale du Président de la RDC en matière du Genre, Jeunesse et Violences faites aux femmes madame Chantal Yelu Mulop. En Belgique, la sortie officielle du film « Mama Muilu La Résistante » eut lieu en octobre 2021 au ciné Vendôme à Bruxelles, avant d’être projeté les 25 février 2022 au centre culturel et sportif Tour à Plomb (Bruxelles) et 03 août 2024 au Café culture Kongo de Belgique avec le soutien des bourgmestres et Echevins de la Ville de Bruxelles, Mme Faouzia Hariché, Echevine de la jeunesse et Mme Lydia Mutyebele, Echevine du Logement, du Patrimoine public et de l’Egalité des chances.
Le 7 janvier 2022 à Kinshasa, le plaidoyer en faveur de Mama Muilu était déposé à l’assemblée nationale de la RDC par les membres de l’association Pensons Bercail avec les recommandations suivantes : « Que Maman Muilu soit élevée au rang d’Héroïne nationale par le Président de la
République, Chef de l’Etat, son Excellence Monsieur Félix Tshisekedi ; Que soit inscrit au Programme scolaire l’histoire des femmes congolaises et africaines inspirantes et notamment celle de Marie Muilu Kiawanga ; Qu’une place publique soit baptisée au nom de Marie Muilu Kiawanga ».
Un autre fait marquant est l’organisation d’une table ronde sur Marie Muilu Kiawanga Nzitani (1880-1959) du 6 au 10 juin 2022 à la Faculté de Sociologie de l’Université Libre de Bruxelles. L’événement était organisé conjointement par les associations suivantes : Pensons Bercail, AIFA RDC9 et Land ressources Internationales en collaboration avec la Présidence de la république démocratique du Congo, l’Assemblée nationale de la RDC, l’ambassade de la RDC, la communauté congolaise de Belgique, avec le soutien de l’Echevine de l’égalité des chances de la ville de Bruxelles et de l’Echevine de l’égalité des genres de la commune d’Etterbeek. L’objectif principal de cette table ronde10 était l’analyse du « Plaidoyer en faveur de Marie Muilu, une résistante congolaise et héroïne oubliée » déposé à l’assemblée nationale en RDC le 7 janvier 2022 à Kinshasa. Sensibles à la nécessité de lever la vérité sur le passé colonial par rapport à cette figure historique en Belgique, les différentes commissions de réflexion de la table ronde se sont proposées de réfléchir et d’œuvrer à la reconnaissance de Marie Muilu Kiawanga Nzitani comme une héroïne dont une statue à son effigie rejoindrait l’espace public belge de façon pérenne11.
Le rapport des différentes commissions de travail devait être déposé aux parlements bruxellois et de la fédération Wallonie Bruxelles afin d’en valider les résolutions et recommandations. Pour ce faire il était nécessaire de rassembler des « preuves », des données administratives et historiques qui viendraient appuyer cette démarche de reconnaissance officielle en Belgique. Au terme des échanges et discussions engagées pendant la semaine de travail, l’évidence du manque d’arguments historiques tangibles en faveur de cette héroïsation en Belgique provoquait un revirement de situation. Les participants de la table ronde de Bruxelles réduisant les ambitions initiales décidaient finalement de déclarer Mama Muilu « femme d’exception, résiliente et de bonnes pratiques », au vu des sources de la tradition kimbanguistes convoquées.
COnclusion
Tandis que les nouvelles dynamiques (ré)interprétatives se mettent en place pour démontrer l’héroïsme et l’exceptionnalité de Mama Muilu, le caractère religieux de son itinéraire tend à être occulté au profit d’une construction qui, du fait de l’absence de sources historiques et administratives, « fabrique » les matériaux relatifs à son engagement politique, socioculturel, économique et éducatif. Les machines narratives sont en majorité celles des femmes qui tirent parti des performances supposées de la figure historique pour s’inscrire dans un processus de résistance lorsque l’être humain et la femme noire en particulier sont victimes de toutes formes discriminations systémiques et sociales. La « fabrique » de l’héroïsme de Mama Muilu est soutenue par des « vecteurs d’héroïsation », des stratégies ou des supports performatifs de visibilité (conférences, récits biographiques, productions cinématographiques, littéraires et artistiques) et contribue ainsi à donner de la voix, de la place à toutes les femmes noires de la diaspora et de l’Afrique. L’enjeu étant qu’à leur tour, non seulement elles existent dans une Europe qui a du mal à se voir « noire », mais qu’elles résistent avec résilience aux multiples et subtiles formes d’assignation relevant du néocolonialisme dont les récurrentes références à la décolonisation des espaces publics, des mentalités et des savoirs, semblent bien confirmer la persistance en Belgique.
- C’est un concept émergent qui désigne « des personnes d’ascendance africaine nées et/ou ayant grandi en Europe, porteuses de ce double héritage, européen et africain » (Missions du CARES 2022). ↩︎
- Baussant Michèle, 2019. « Mémoire et Transmission », dans Azria Régine & Hervieu-Léger Danièle (dir.), Dictionnaire des faits religieux, PUF, P.777. ↩︎
- M’Bokolo Elikia, 2021. « Brutalisation et brutalités coloniales : la formation de la société congolaise dans l’État indépendant du Congo et au Congo Belge », dans Commission spéciale chargée d’examiner l’état indépendant du Congo et le passé colonial de la belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi, ses conséquences et les suites qu’il convient d’y réserver, P.41. ↩︎
- Vellut Jean-Luc, 2017. Congo: Ambitions et désenchantements1880-1960, Karthala, P.327. ↩︎
- Voir Tourret, M. (2011). Qu’est-ce qu’un héros ?. Inflexions, 16, P.95. ↩︎
- Confer le plaidoyer en faveur de « Mama Muilu. Héroïne africaine », déposé le 7 janvier 2022 à l’assemblée nationale à Kinshasa, p. 18-19 (Sources non accessibles au public). ↩︎
- Cf. le memento d’usage de la table ronde qui s’est tenue du 6 au 10 juin 2022 (Sources non accessible au public). ↩︎

